La pollution des sols, un risque pour notre santé et notre sécurité alimentaire

Chaque année, le monde entier célèbre la Journée mondiale des sols le 5 décembre afin de sensibiliser aux défis croissants de la gestion des sols et de la perte de biodiversité des sols, et d’encourager les gouvernements, les communautés et les individus du monde entier à s’engager à améliorer la santé des sols.

« Nous dépendons, et continuerons à dépendre, des services écosystémiques fournis par les sols », explique Abdelkader Bensada, expert des sols au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Alors que la pollution des sols n’a traditionnellement pas reçu la même attention que des questions comme la plantation d’arbres, la dynamique mondiale s’est accélérée en 2018, lorsque l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié une étude révolutionnaire : La pollution des sols : Une réalité cachée.  

Le rapport révèle que les principales sources anthropiques de pollution des sols sont les produits chimiques utilisés ou produits comme sous-produits des activités industrielles, les déchets domestiques, animaux et municipaux (y compris les eaux usées), les produits agro-chimiques et les produits dérivés du pétrole.

Ces produits chimiques sont rejetés dans l’environnement accidentellement, par exemple lors de déversements de pétrole ou de lixiviation à partir de décharges, ou intentionnellement, par l’utilisation d’engrais et de pesticides, l’irrigation avec des eaux usées non traitées, ou l’épandage de boues d’épuration sur les sols.

Le rapport a constaté que la pollution des sols a un impact négatif sur la sécurité alimentaire de deux façons : elle peut réduire les rendements des cultures en raison des niveaux toxiques de contaminants, et les cultures qui poussent sur des sols pollués sont impropres à la consommation par les animaux et les humains. Le rapport exhorte les gouvernements à aider à réparer les dégâts et encourage de meilleures pratiques de gestion des sols pour limiter la pollution agricole.

Dans le prolongement de l’étude de 2018, le PNUE, le Partenariat mondial pour les sols, le Groupe technique intergouvernemental sur les sols, l’Organisation mondiale de la santé et le Secrétariat des conventions de Bâlede Rotterdam et de Stockholm travaillent à un autre rapport sur l’étendue et les tendances futures de la pollution des sols, y compris les risques et les impacts sur la santé, l’environnement et la sécurité alimentaire. Ce rapport, qui devrait être publié en février 2021, s’appuie sur un autre rapport du PNUE intitulé « Vers une planète sans pollution » (rapport en anglais).

« La pollution des sols peut entraîner l’apparition de nouveaux ravageurs et de nouvelles maladies en modifiant l’équilibre des écosystèmes et en provoquant la disparition des prédateurs ou des espèces concurrentes qui régulent leur biomasse. Elle contribue également à la propagation de bactéries et de gènes résistants aux antimicrobiens, ce qui limite la capacité de l’humanité à faire face aux agents pathogènes », explique M. Bensada.

La pollution peut également entraîner une diminution de la qualité des sols au fil du temps, ce qui rend la culture plus difficile. Actuellement, la dégradation des terres et des sols touche au moins 3,2 milliards de personnes, soit 40 % de la population mondiale.

La Charte mondiale des sols révisée de la FAO recommande aux gouvernements nationaux de mettre en œuvre des réglementations sur la pollution des sols et de limiter l’accumulation de contaminants au-delà des niveaux établis afin de garantir la santé et le bien-être de l’homme, un environnement sain et des aliments sûrs.

Les sols contaminés sont également une cause majeure de la dégradation des terres – un problème qui est au cœur de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030. Menée par le PNUE, la FAO et des partenaires, cette initiative est un appel mondial à l’action visant à intensifier la restauration des écosystèmes terrestres, côtiers et marins au cours des dix prochaines années. Il s’agit notamment de promouvoir des pratiques durables pour améliorer la gestion des sols.

« Les sols ont un rôle clé à jouer dans la Décennie des Nations unies par ses fonctions écosystémiques, car ils influent sur la régulation de l’eau, le recyclage des nutriments, la production alimentaire, le changement climatique et la biodiversité des écosystèmes terrestres », affirme M. Bensada. « Il est essentiel de passer de la dégradation des sols à des pratiques de restauration des sols pour assurer la sécurité alimentaire et le bien-être des générations à venir ».

Pour plus d’informations, veuillez contacter Abdelkader Bensada : abdelkader.bensada@un.org

Source: http://www.unep.org/actualites-et-recits/recit/la-pollution-des-sols-un-risque-pour-notre-sante-et-notre-securite

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