L’avenir sécuritaire du Sahel tend à s’assombrir


Après l’arrêt des opérations d’engagement armé de la force barkhane au Mali, qui devrait se tourner maintenant vers l’opération takuba dont la mission est de renforcer (former) les armées des pays du Sahel, il s’avère, aux dernières nouvelles, que cette dernière initiative a aussi du plomb dans l’aile.

Plusieurs pays européens qui avaient donné leur accord pour participer à l’opération takuba, se désistent l’un après l’autre. Après la Belgique qui a annoncé le 19 mai 2021(ministre de la défense L. Dedonker) sa décision de ne plus envoyer de troupes au Sahel, le Danemark, après plusieurs autres pays européens, selon certains activistes (Nathalie Yamb), serait également revenu sur son intention de participer à la force takuba.
Autre préoccupation, et pas des moindres, l’aide financière devant permettre à la force takuba de se mettre en place et de commencer ses opérations serait de plus en plus difficile à trouver. De sources diplomatiques, le parlement européen qui réchignait déjà à maintenir le financement de l’Union Européenne de l’opération takuba serait devenue encore plus frileuse après la brusque décision française de mettre fin à l’opération barkhane. Cette décision va amplifier le scepticisme des députés européens et leur hésitation à concrétiser cette opération aux contours de plus en plus flous.


Au Sahel même, depuis l’annonce du président français de mettre fin à la forme actuelle de l’opération barkhane, on ne perçoit aucun mouvement de réaction des chefs d’Etats des pays les plus concernés par le terrorisme. Pourtant, l’annonce d’Emmanuel Macron comporte des forts risques d’aggravation de l’insécurité pour des pays déjà très lourdement meurtris par le terrorisme. En effet, les soldats français ne vont plus courir derrière les terroristes sur le terrain, ils ne vont plus que procéder à des formations des troupes du Mali, du Niger, du Burkina Faso, ou de la Mauritanie et du Tchad. D’ailleurs, cela nécessite un renouvellement total des cinq mille cent (5100) hommes de barkhane pour remplacer les fantassins et autres unités d’élites par des instructeurs, et ce renouvellement peut prendre beaucoup de temps, en tout cas suffisamment pour que les groupes armés terroristes reçoivent des renforts de Lybie et de Boko Haram pour lancer des offensives de grande envergure et très meurtrières comme le récent massacre de cent soixante personnes à Solhan, au nord du Burkina Faso, dans la nuit du 4 au 5 juin dernier.
On se serait attendu à un branle-bas de combat des autorités politiques et militaires des pays concernés, sous forme de rencontres ad hoc et de réajustement stratégique pour pallier au retrait français. La CEDEAO ou, pour le moins, le G5 Sahel devraient déjà être en activité autour de la nouvelle donne sécuritaire ouest africaine. Le silence régional annonce des lendemains très incertains pour la stabilité des pays sahéliens.

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