Réconciliation nationale : les membres du Conseil national d’orientation et de suivi installés

Photo de famille après l’installation du Conseil national d’orientation

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a procédé cet après-midi à l’installation officielle des membres du Conseil national d’orientation et de suivi (CNOS) de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale.
Le processus de réconciliation est en marche au Burkina Faso et se renforce avec l’installation des membres du CNOS. Cet organe consultatif de 119 membres, présidé par le Premier ministre, est chargé de suivre le processus de mise en œuvre de la réconciliation.


Selon le président du Faso, cette installation « marque un tournant décisif dans notre engagement pour la réconciliation nationale et la cohésion sociale entre filles et fils du Faso ». Il a donc salué la démarche participative qui a permis d’engager une « grande diversité des forces sociales et professionnelles » dans le processus.


Le forum national sur la réconciliation prévu se tenir cette année devrait aboutir à un nouveau pacte de notre vivre-ensemble, et pour Roch Marc Christian Kaboré, ce sera « un rendez-vous historique pour les Burkinabè, qui auront l’occasion de se parler en toute franchise, d’examiner toutes les questions de réconciliation qui se posent à notre pays, de s’entendre sur les solutions proposées, de tourner la page de notre histoire tumultueuse, et se donner la main pour construire un nouvel avenir ».


Le chef de l’Etat en appelle donc à « transcender nos divergences politiques » pour, dit-il, une réconciliation « véritable, sincère et profonde ».

Direction de la communication de la Présidence du Faso

COMMUNIQUE N°007 DU GOUVERNEMENT DE LA TRANSITION CONTRE LES SANCTIONS DE LA CEDEAO

Le Gouvernement de la République du Mali a appris avec stupéfaction les sanctions économiques et financières prises à l’encontre du Mali à l’issue des sommets extraordinaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), tenus le 09 janvier 2022 à Accra, en République du Ghana.

Ces mesures contrastent avec les efforts fournis par le Gouvernent et sa disponibilité au dialogue en vue de trouver un compromis avec la CEDEAO sur le chronogramme des élections au Mali. Le Gouvernement du Mali condamne énergiquement ces sanctions illégales et illégitimes prises par l’UEMOA et la CEDEAO, organisations pourtant fondées sur la solidarité et l‘idéal panafricain, curieusement au moment où les Forces Armées Maliennes engrangent des résultats spectaculaires dans la lutte contre le terrorisme, ce qui n’était pas arrivé depuis plus d’une décennie.

• Concernant l’UEMOA, un embargo décidé par les Chefs d’Etat et de Gouvernement, applicable à un Etat souverain constitue une violation manifeste du Traité de l’UMOA et des statuts de la BCEAO. En outre, le gel des avoirs d’un Etat, des entreprises publiques et parapubliques ne saurait être appliqué par la Banque centrale qui reste un organe indépendant auquel chaque Etat membre a concédé son droit souverain d’émission.

• Concernant la CEDEAO, le Gouvernement dénonce et rejette les décisions suivantes qui ne sont fondées sur aucun texte communautaire : 1. la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la CEDEAO et le Mali ;

2. la suspension des transactions commerciales entre les pays de la CEDEAO et le Mali, le gel des avoirs de la République du Mali dans les banques centrales de la CEDEAO, le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO.

Le Gouvernement du Mali regrette que des organisations sous régionales ouest africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra régionales aux desseins inavoués. Dans les heures à venir le Gouvernement du Mali prendra toutes les mesures nécessaires en vue de riposter à ces sanctions malencontreuses. Le Gouvernement du Mali déplore le caractère inhumain de ces mesures qui viennent affecter les populations déjà durement éprouvées par la crise sécuritaire et la crise sanitaire, notamment celle de la COVID-19.

Le Gouvernement du Mali invite les populations au calme et à la retenue. Face à toute éventualité de déploiement des forces étrangères contre notre pays, le Gouvernement du Mali appelle les Forces de Défense et de sécurité, ainsi que la population, à redoubler de vigilance et à rester mobilisées. Le Gouvernement du Mali en appelle à la solidarité et à l’accompagnement des pays et institutions amis.

D’ores et déjà, sur la base de la réciprocité, le Mali décide de rappeler ses Ambassadeurs accrédités dans les Etats membres de la CEDEAO et de la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les Etats concernés. Le Gouvernement du Mali tient à rassurer l’opinion nationale que des dispositions ont été prises pour assurer l’approvisionnement normal du pays par tous les moyens appropriés. Au regard des violations répétées des textes, principes et objectifs de ces organisations, le Gouvernement du Mali tirera toutes les conséquences et se réserve le droit de réexaminer sa participation à ces entités .

Bamako, le 09 janvier 2022

Le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte parole du Gouvernement,

Colonel Abdoulaye MAIGA

Les 12 personnes assassinées avec Thomas Sankara: Le film des derniers instants, derniers témoins, derniers secrets…

Le 15 octobre 1987, le leader de la révolution burkinabè était assassiné. Voici le récit de la dernière journée du président du Faso.


Lorsque Mariam se réveille, elle quitte la chambre et se prépare à aller au travail. Elle doit y être à 15 heures. Sankara, lui, va dormir pendant une bonne heure encore. La sieste quotidienne reste, pour cet oiseau de nuit, le seul moment de la journée où il récupère.
Une pause d’autant plus importante, ce jeudi 15 octobre 1987, que l’après-midi et la nuit s’annoncent longues.


Vers 15 h 30, Mariam Sankara l’appelle au téléphone. « Papa est sous la douche », lui répond son fils aîné, Philippe, 7 ans à l’époque. Elle rappelle dix minutes plus tard. Le président, en tenue de sport depuis le matin – tee-shirt blanc et pantalon de jogging rouge – est prêt à partir.


« Je vais d’abord à ma réunion de 16 heures, au Conseil de l’entente, lui dit-il. Puis, je vais au sport de masse à 17 heures. Après, je reviendrai sans doute prendre une douche à la maison, mais tu ne seras pas encore rentrée. Je ne te verrai pas avant la fin de la réunion de 20 heures. On parlera ce soir. »


À 16 heures, il présidera l’une des trois réunions hebdomadaires de son cabinet spécial. Et à 20 heures, il y aura la réunion, très délicate, de l’Organisation militaire révolutionnaire.
Entre-temps, les membres du cabinet spécial ont commencé à arriver dans l’une des villas du Conseil de l’entente, qui sert de siège au CNR. Alouna Traoré et Paulin Babou Bamouni ont fait un crochet par les bureaux de la présidence juste en face ; les autres, Bonaventure Compaoré, Frédéric Kiemdé et Patrice Zagré, sont venus directement au Conseil. Christophe Saba, en tant que secrétaire permanent du CNR, y est depuis le matin.
À 16 h 20, le président est rappelé à l’ordre. Lui qui n’a pas encore quitté sa résidence où il discute avec un autre de ses conseillers, le directeur adjoint de la presse présidentielle, Serge Théophile Balima : « Nous sommes tous là, camarade président. Il est tard et nous n’attendons plus que vous. » « J’arrive tout de suite », répond Sankara. Il renvoie Balima et monte dans une Peugeot 205 noire.


Le président, comme d’habitude, a pris place à côté du chauffeur : « J’aime bien voir la route, se croit-il souvent obligé d’expliquer, et de derrière on ne voit rien. »
Sur le siège arrière, deux gardes du corps. Une voiture les suit, occupée par trois autres gardes du corps plus le chauffeur, un militaire lui aussi. Tous sont en tenue de sport, ce jeudi après-midi : deux fois par semaine, en effet, le lundi et le jeudi à partir de 17 heures, les Burkinabè sont censés pratiquer le sport de masse. Le PF [président du Faso] et ses gardes ne se sont donc armés que de leur pistolet automatique (PA).
Arrivée au Conseil de l’Entente
Au Conseil de l’entente, les membres du cabinet spécial sont également en tenue de sport, à l’exception de Patrice Zagré, venu en « pékin ».

A 16 h 30, le président arrive. Il débarque de la 205, suivi par quatre de ses gardes, qui s’installent dans le couloir attenant à la salle de réunion. Les chauffeurs rangent les deux voitures sous un préau voisin et vont s’abriter du soleil à l’ombre des grands arbres, notamment des nims, qui bordent les jardins.
À 16 h 35, le président prend place au bout de la table de réunion en forme de U. L’adjudant Christophe Saba, Paulin Bamouni et Frédéric Kiemdé se sont installés à sa droite. À sa gauche se trouvent Patrice Zagré, Bonaventure Compaoré et Alouna Traoré. Thomas Sankara, toujours en retard mais toujours pressé, ouvre la séance de travail : « Faisons vite, commençons ! »
Alouna Traoré, celui qui, la veille, était parti en mission d’information à Cotonou, commence son rapport : « J’ai quitté Ouaga avant-hier à 18 heures… » Et il s’interrompt, la voix soudain couverte par le bruit du tuyau d’échappement, sans doute percé, d’une voiture qui s’approche.
Étonné et agacé, Sankara demande : « Quel est ce bruit-là ? » bientôt imité par Saba, qui fronce les sourcils : « C’est quoi ça même ? » Le bruit s’amplifie. Une voiture – « une Peugeot 504 ou une Toyota bâchée », hésitera à préciser le seul témoin direct rescapé – s’est arrêtée devant le petit portail de la villa. Et immédiatement, le bruit du moteur a été couvert par le vacarme de rafales de Kalachnikov.


Les sept hommes réunis dans la salle s’aplatissent au sol, se protégeant derrière les fauteuils. Parmi eux, seul à être armé puisque ses gardes sont restés soit dans le couloir, soit dans le jardin, Sankara se saisit de son PA, qu’il avait déposé sur la table, à portée de main. Du dehors, quelqu’un crie : « Sortez ! Sortez ! » Sankara se relève, pousse un grand soupir et ordonne à ses conseillers : « Restez ! Restez ! C’est moi qu’ils veulent ! » Puis il quitte la salle de réunion, les bras en l’air.
« Il a à peine franchi la porte de la villa, témoigne Alouna Traoré, qu’il est littéralement canardé. Les assaillants étaient venus pour tuer ! » Les gardes qui veillaient dans le couloir, ceux qui, comme les deux chauffeurs, étaient restés dehors, ainsi qu’un motard de la gendarmerie, Soré Patenema, venu par hasard apporter du courrier au siège du CNR, ont déjà été abattus par les premières rafales.


Un ancien membre de la garde du président du Faso, surnommé Otis – et, depuis, réintégré dans les rangs des para-commandos de Pô (commandés par le capitaine Blaise Compaoré, qui en a fait un de ses chauffeurs) – déboule dans la salle de réunion, pousse les collaborateurs du président vers la sortie : « Dehors ! Dehors ! Sortez ! » Tous ceux qui obtempèrent sont abattus à leur tour. Au dernier moment, Patrice Zagré essaie de retourner se réfugier dans la salle de réunion ; une rafale dans le dos l’achève.


Deux impacts mortels sur le front Alouna Traoré, par un réflexe de peur ou de survie, les deux peut-être, s’est retrouvé couché sur le gravier mais vivant, baignant dans le sang de ses camarades dont il entend, comme dans un cauchemar, les râles et les soupirs d’agonie : quatre membres civils du cabinet spécial (Paulin Bamouni, Patrice Zagré, Frédéric Kiemdé et Bonaventure Compaoré) et huit militaires parmi lesquels l’adjudant Christophe Saba, un pauvre gendarme qui passait par là, les chauffeurs du convoi présidentiel et quatre gardes du corps. Alouna a enjambé le corps du PF sans s’en rendre compte.
Regardant par-dessus son épaule, il voit Thomas Sankara par terre. Deux impacts sur le front l’ont immédiatement tué. Mais ce coup d’œil instinctif manque de coûter la vie au rescapé, qui entend quelqu’un crier : « Il y en a un qui n’est pas mort ! Celui qui est tout en bleu ! Qu’il se relève ! » Alouna Traoré, l’homme au jogging bleu, se met debout.


On lui dit d’avancer puis de se recoucher par terre, entre deux autres cadavres, ceux des deux chauffeurs du convoi présidentiel. Il se tâte. Couvert de sang, il n’a pourtant aucune égratignure. Autour de lui, les commandos tirent toujours, mais, cette fois, en l’air, comme s’ils voulaient faire croire à l’extérieur que des combats acharnés se déroulent dans l’enceinte du Conseil de l’entente ; et avec hargne, comme si eux-mêmes voulaient croire qu’ils se battent et se défendent réellement. Pendant longtemps, trente minutes peut-être, ils usent ainsi leurs munitions.


Alouna est toujours au sol. Du coin de l’œil, il voit s’avancer, en combinaison bleue de mécanicien, le chauffeur-garde du corps du capitaine Blaise Compaoré : Hamidou Maïga, virtuose du volant et de la Kalachnikov, qui le fixe du regard et dit à l’intention des autres assaillants : « Laissez ! Je vais l’achever ! »


Un gradé – « Je ne le connais pas, dira Alouna Traoré, il avait le visage balafré » – s’y oppose et crie : « Amenez-moi le rescapé ! » On lui amène Alouna Traoré, à qui il ordonne de se coucher à nouveau. Le survivant essaie de ramper et de se rapprocher d’un mur. Mal lui en prend. « Reste tranquille ! s’entend-il apostropher. Sinon tu vas rejoindre les autres ! » Alouna se le tient pour dit.


Combien de temps est-il resté ainsi par terre ? « Deux ou trois heures », avance-t-il sans autre précision. Jusqu’à ce qu’un soldat l’interpelle à nouveau et le menace : « Toi, tu as tout vu. On ne peut pas te laisser partir comme ça. Tu vas rejoindre les autres ! » Alouna ne réalise sans doute pas encore très bien sa situation. Il a dépassé le stade de la peur et s’est réfugié dans le monde de l’absurde.
Depuis qu’il gît entre les cadavres, une image le hante : une photo de Mère Teresa, Prix Nobel de la paix, au milieu de jeunes Indiens miséreux, qu’il avait longuement regardée le matin même. Et, pour l’heure, il n’a qu’une envie, uriner, et le dit. On l’y autorise et il va longuement se soulager entre les fleurs des jardins du Conseil de l’entente, transformés cet après-midi-là en terrain d’exécution.


On le fait ensuite monter à l’étage d’une villa où ont été regroupés des agents du CNR qui ont tout entendu sans avoir rien vu du drame : le médecin-adjudant Youssouf Ouedraogo, adjoint de l’adjudant Christophe Saba, tout le secrétariat de ce dernier, Laurent Kaboré, qui travaillait aussi au CNR. Au milieu d’eux, il a la surprise de découvrir, blessé, un garde du président, Bossobé, dont on perdra la trace par la suite. La tenue de sport bleue d’Alouna Traoré est imbibée de sang. Ses mains, son visage, ses cheveux sont ensanglantés. On lui dit de se laver. Puis de s’asseoir.
Alors que le soleil s’est couché depuis longtemps, Alouna entend des voitures manœuvrer dans les allées du Conseil de l’entente. Il risque un regard par la fenêtre : les treize cadavres ont disparu ; des camions-citernes sont en train de nettoyer, à grands jets d’eau, la scène du drame. Il passera la nuit dans les coulisses. Il ne dormira pas. Tournant et retournant dans sa tête la même question : « Mais qu’est-ce que le président a bien pu faire pour mériter ça ? »

Source: Archive Burkina

Message à la Nation du Président du Faso à l’occasion du 11-Décembre 2021.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes de la diaspora

La célébration du 61e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale m’offre l’occasion de saluer la résilience du peuple burkinabè dans le contexte actuel de crise sécuritaire et sanitaire.
Elle se tient à un moment où nous portons encore le deuil de nos valeureux fils et filles, Forces de Défense et de Sécurité, para militaires, Volontaires pour la Défense de la Patrie et civils tombés sur le champ d’honneur de la lutte contre le terrorisme.
Elle se tient aussi à un moment où nos populations continuent de subir les exactions lâches commises par les ennemis de nos valeurs politiques et socio- culturelles.


Cette année, le 11-Décembre est célébré dans la sobriété, pour respecter la mémoire de toutes les victimes du terrorisme.
J’ai une pensée pieuse pour elles et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Aux familles des victimes, je renouvelle ma compassion et mon soutien.
A tous les déplacés internes du fait de l’action terroriste, j’exprime ma solidarité et celle de la Nation entière.

Peuple du Burkina Faso
Compatriotes de la diaspora

Les moments difficiles que nous traversons et qu’endure avec honneur notre vaillant Peuple ne sont pas insurmontables et l’histoire héroïque de nos ancêtres nous l’enseigne.
Autant c’est dans la douleur, mais avec dignité que nous faisons face à toutes ces adversités, autant nous ne devons à aucun moment, nous départir de la conviction que c’est à nous qu’il incombe le devoir historique d’être les artisans de la victoire dans cette guerre injuste qui nous est imposée.
Pour y arriver, chers compatriotes, je vous engage au rassemblement et à l’engagement :

  • rassemblement autour de nos vaillantes forces combattantes et des valeurs fondatrices de la République ;
  • engagement ensuite de la Nation, dans un élan patriotique, pour faire face à ce péril terroriste en nous appuyant sur une gouvernance vertueuse marquée du sceau de l’intérêt général et du bien commun.

Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur

L’histoire de notre Peuple a ouvert des plaies, ce qui explique sans doute aujourd’hui l’attitude équivoque de certaines personnes face au terrorisme.
Et pourtant, nous devons avoir le courage de nous regarder en face pour solder tout ce passif douloureux, sans fuite en avant, en crevant l’abcès afin de créer les conditions propices d’un nouveau départ.
C’est pour cela que j’ai fait de la réconciliation nationale une priorité majeure de mon second et dernier quinquennat, convaincu que le terrorisme au Burkina Faso est alimenté et entretenu par la haine née de notre histoire politique récente.
Cette réconciliation, nous la réaliserons tous ensemble pour en finir une fois pour toutes avec les rancœurs.


Cependant, nous n’y arriverons jamais en occultant les crimes, sans la vérité, sans la justice et sans le pardon des victimes.
Nous vivons un moment inédit de notre histoire commune, où chaque acteur ou actrice doit, en toute humilité reconnaitre sa part de responsabilité et s’engager pour que nous tournions ensemble, définitivement, la page.
C’est pourquoi, face à la colère légitime engendrée par le lourd bilan humain du terrorisme et au regard du nombre de personnes déplacées internes, j’invite les Burkinabè à ne surtout pas se tromper d’adversaires ni d’ennemis.
En ma qualité de Chef suprême des armées, je ne serai jamais pris à défaut dans notre commune volonté de vaincre les forces du mal qui utilisent notre territoire pour y commettre les trafics et crimes les plus abominables.
Aussi, devons-nous prendre garde à ne pas tomber dans le piège sournois de l’ennemi qui use de tous les stratagèmes pour amener certains d’entre nous, consciemment ou inconsciemment, à faire leur jeu pour semer le chaos au Burkina Faso.

Peuple du Burkina Faso

Je réaffirme mon engagement aux côtés de nos Forces de Défense et de Sécurité, de nos Volontaires pour la Défense de la Patrie, de nos populations résilientes et de nos différents partenaires dans cette lutte contre le terrorisme.
Tous les Burkinabè doivent être de ce combat, car c’est le seul qui vaille la peine aujourd’hui d’être mené.
Je vous invite aussi à un sursaut national, à une véritable prise de conscience sur les priorités qui doivent être les nôtres.
Ce sont notamment :

  • l’union sacrée des filles et fils de notre patrie dans la lutte implacable contre le terrorisme ;
  • le retour de l’administration et des personnes déplacées internes dans les zones désertées ;
  • la sécurisation de toutes les zones infestées par les Groupes Armés Terroristes ;
  • la poursuite de la mise en place des services sociaux communautaires de base dans les différentes localités.
  • la réorganisation de la défense opérationnelle du territoire impliquant une plus grande participation des populations ;
    la consolidation de la citoyenneté démocratique pour le développement et le retour à la paix.
    Toutes les réformes engagées au sein des Forces de Défense et de Sécurité et dans l’administration s’inscrivent dans cette optique.

Peuple du Burkina Faso
Chers compatriotes de la diaspora

Les festivités tournantes du 11 décembre devaient normalement prendre fin à Ziniaré cette année.
Pour les raisons que vous connaissez, le Gouvernement a décidé de ne pas célébrer la fête de l’indépendance comme à l’accoutumée.
Ce n’est que partie remise !
Je tiens à féliciter les forces vives de la région du Plateau central pour leur engagement à réussir cet évènement.
Dignes héritiers de nos devanciers, le 61e anniversaire de notre accession à la souveraineté nationale nous interpelle.
Mettons-nous à la hauteur des responsabilités historiques qui sont les nôtres.
Nos Forces de Défense et de Sécurité ainsi que nos Volontaires pour la Défense de la Patrie ont besoin de notre soutien.
C’est pourquoi, je lance un appel, à l’ensemble des filles et des fils de notre Nation, à consentir l’effort de guerre, chacun en fonction de ses possibilités.
Le Gouvernement recevra les instructions nécessaires pour la mise en place d’un dispositif de collecte et de gestion transparente des contributions.
Ensemble, conjuguons nos efforts pour la sécurité, la paix, et le développement harmonieux de notre pays, le Burkina Faso.
C’est le lieu pour moi, d’exprimer ma gratitude à nos autorités coutumières et religieuses, à toutes les associations et structures de la société civile qui ont fait de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale leur cheval de bataille.

Bonne commémoration du 11 décembre 2021 !
Que Dieu bénisse le Burkina Faso.

PRISE DE #NADIAGOU : vers l’apocalypse

Il y a de cela quelques mois, #Madjoari était pris au piège. Les populations les mains nues se sont vues encerclées, les routes coupées, embargo total jusqu’aux produits de première nécessité (sucre, huile, sel, savon, essence…) Les populations ont été affamées, chassées, tuées sans aucune forme d’assistance digne d’un État de droit. Cela avait créé un émoi national spontané. Mais que reste-t-il de Madjoari aujourd’hui ? Dans quelles conditions les quelques habitants qui n’ont pas pu s’échapper vivent-ils?

#Nadiagou: village de la commune urbaine de Pama. Jadis poumon économique de la province de la Kompienga du fait de sa proximité avec les pays voisins comme le Niger, le Bénin et le Togo. C’était un véritable carrefour économique où se rencontraient plusieurs nationalités et où prospéraient plusieurs types de commerce dont les contrebandes d’essence qui avaient fabriqué quelques jeunes millionnaires depuis des années. Le litre d’essence est souvent passé même à 400f (Oui dans ce Burkina) raison pour laquelle aucune station d’essencerie n’a pu tenir 1 an. Que dire de la gigantesque douane et des différents bureaux de transit? Non, ça c’est un passé trop glorieux qui peut me faire verser une larme
.
Quand Madjoari a été pris, et que l’actualité défrelait toutes les chroniques,  Nadiagou a accueilli +80% des déplacés de Madjoari, les uns dans des familles d’accueil, les autres entassés dans des maisons en location et pour certains mêmes Dieu seul sait comment ils se sont débrouillé. Les jeunes filles contraintes à des activités peu catholiques pour ramener un morceau de pain le soir venu avec tous les risques sanitaires que nous connaissons.

Au plan sécuritaire, RIEN n’a été fait sur le terrain. Que de la désinformation pour berner et calmer momentanément la colère.
Ensuite les groupes armés ont commencé à se signaler à Nadiagou jusqu’à ce que le poste de gendarmerie de la Kompienga a été attaqué. Le poste de douane lui a plié bagages un 3 Novembre, et la police de Nadiagou à sontour a été attaqué par la suite. Elle aussi a plié bagages quelques jours plus tard quand les éléments se sont aperçus qu’ils mouraient cadeau sans aucun soutien. Bien entendu, quand la police a plié bagages, les services de santé et d’éducation se sont sauvés sans crier gare!

Les conséquences de la chute de Nadiagou ne se sont pas fait attendre. Nadiagou désormais conquis les groupes armés s’y appui pour attaquer même le nord du Bénin voisin et replié rapidement sur leur nouvelle base.

Les faits parlent, et nul besoin de nous considérer comme des oiseaux de mauvaise augure !

Tuula Wula