Kongoussi/Décès de l’élève Cécile Kinda: Six mois de sursis requis contre cinq prévenus

Kongoussi, 14 juillet 2021(AIB)-Le Procureur du Faso près le TGI de Kongoussi Lambert Sanfo a requis mercredi, six mois de prison et 250 mille FCFA d’amende, le tout assorti de sursis, contre cinq prévenus, à la suite du décès le 29 avril 2021 de l’élève Cécile Kinda, lors d’une manifestation scolaire.

Le ministère public s’était auto saisi de l’affaire Cécile Kinda après l’annonce du décès de l’élève. Cinq élèves (le délégué du lycée provincial de Kongoussi et son adjoint, le délégué du lycée municipal de Kongoussi, le délégué du lycée privé de l’amitié de Kongoussi et le responsable aux activités socio culturelle du lycée provincial de Kongoussi) sont poursuivis par le procureur de Kongoussi pour organisation de manifestation illicite et d’homicide involontaire conformément aux articles 354-6 et 354-7 du code de procédure pénale au Burkina Faso.

Le dossier avait été programmé le 23 juin 2021 pour être jugé en première instance. Mais à la suite de la demande de l’avocat des élèves Me Prosper Farama, il avait été renvoyé à ce 14 juillet 2021.

A l’ouverture du procès, un des prévenus demande au président du tribunal de renvoyer le dossier parce que leur avocat n’était pas présent.

Mais la réponse du procureur Wendyam Lambert Sanfo a été sans équivoque.

«Monsieur le Président, je vous demande de juger le dossier. A défaut, je ferai placer les prévenus en détention parce que leur avocat veut se foutre de la cour. La dernière fois, le dossier a été renvoyé parce qu’il était absent. Aujourd’hui encore il ne se présente pas. Me Farama sait bien que le dossier est indéfendable raison pour laquelle il ne veut pas se présenter. Mais si vous renvoyer le dossier aujourd’hui, je fais déposer les élèves. C’est parce qu’il sont en liberté que l’avocat ne se présente pas» a réagi le procureur.

Le président accède et ouvre le procès.

A la barre, tous les 5 prévenus ont décidé de ne piper mot. Tous estiment qu’ils ne parleront pas sans la présence de leur avocat. Malgré les explications du président du tribunal pour amener les mis en cause à se défendre devant le tribunal, tous ont refusé de parler.

Le procureur reprend la parole et donne lecture de leurs déclarations devant les officiers de police judiciaire de la gendarmerie de Kongoussi qui a conduit l’enquête préliminaire.

Tous les 5 élèves ont reconnu devant les gendarmes enquêteurs, avoir organisé une marche sans autorisation et avoir violé le domaine privé du collège privé Sainte Bernadette de Kongoussi le 29 avril 2021.

A la demande du président du tribunal aux prévenus de réagir suite à leurs dépositions, tous sont restés muets.

Le président du tribunal fait appel aux témoins. Premièrement, la sœur directrice du collège Sainte Bernadette ensuite une camarade de classe de Cécile Kinda et enfin le père de la défunte.

Tous les trois ont témoigné devant le tribunal. A la question de savoir si le père se constituait partie civile, celui a répondu par la négative et a estimé que c’est la volonté de Dieu.

Le procureur Wendyam Lambert Sanfo reprend la parole pour son réquisitoire. Environ 20 minutes, le chef du parquet de Kongoussi a d’abord salué le courage du père de l’élève qui a pu supporter le choc à l’annonce de la disparition de sa fille.

Ensuite, il fait savoir à ce dernier que même sans son autorisation, le procureur peut poursuivre les mis en cause parce que Cécile Kinda appartient à la société burkinabè.

Il a, à l’endroit des 5 élèves demandé au tribunal de les déclarer coupables pour des infractions sus citées.

«Si un policier ou un gendarme était de passage au lieu de la manifestation on allait crier justice pour Cécile Kinda sous tous les toits. Mais depuis là, c’est le silence total. Personne ne demande justice pour elle en dehors d’une organisation des parents d’élèves.
Monsieur le Président, ces élèves sont responsables de la mort de Kinda Cécile. À 23 ans, nous étions à l’Université et vous à 23 ans, vous êtes toujours au lycée et au lieu de bosser vous passer votre temps à organiser des manifestations» a d’abord relevé le procureur avant de mettre certaines organisations qui soutiennent les manifestations des scolaires en garde.

«Nous savons que vous êtes soutenus par des pcrvistes cagoulés qui se cachent derrière le centralisme démocratique et prônent pour une insurrection armée. Ils y’en a qui vous donnent le carburant et des unités et nous sommes au courant. Mais comme se ne sont pas des infractions c’est pour cela qu’on ne réagi pas» a-t-il ajouté.

En conclusion, il a requis 6 mois de prison et une amende de 250 000 fcfa, le tout assorti de sursis pour les 5 prévenus parce qu’ils sont des élèves. Le tribunal a mis le dossier en délibéré pour le 4 août 2021.


Agence d’Information du Burkina (AIB)
Asmado RABO

MESSAGE A LA NATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ROCH MARC CHRISTIAN KABOREPRESIDENT DU FASO, CHEF DE L’ÉTATOUAGADOUGOU, 27 JUIN 2021

Peuple du Burkina Faso
Chers compatriotes
Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur
Ces dernières semaines, la succession des évènements dans notre pays a mis à l’ordre du jour des préoccupations majeures qui interpellent tous les Burkinabè.


La tragédie d’une cruauté inouïe, perpétrée à Solhan dans la nuit du 4 au 5 juin courant, vient nous conforter dans la conviction que le combat contre le terrorisme a pris une nouvelle tournure.
Ce massacre, l’embuscade menée contre le convoi ayant occasionné la perte de onze policiers et celle de deux militaires, suite à l’explosion d’un Engin Improvisé, sur l’axe Barsalogo-Foubé, ont créé une onde de choc à travers toutes les couches sociales de notre pays, suscitant ainsi des doutes sur notre avenir commun.
C’est pourquoi, je comprends les réactions légitimes d’indignation et les fortes attentes sécuritaires de nos compatriotes, durement éprouvés par la gravité de ces évènements.
C’est le lieu pour moi de rendre les hommages de la Nation aux victimes de cette barbarie, de réitérer mes condoléances aux familles éplorées ainsi que mes vœux de prompt rétablissement aux blessés.


En ces moments difficiles où nous subissons ces revers, notre salut doit résider dans l’unité, la cohésion et l’engagement déterminé des filles et fils de notre pays à défendre la Mère-Patrie. Tel a été de tout temps notre comportement, lorsque les circonstances l’exigeaient.
C’est aussi la seule attitude qui convienne en de pareilles circonstances.

Peuple du Burkina Faso
Dans le contexte qui est le nôtre, il nous faut faire preuve de discernement et ne surtout pas nous tromper d’ennemis.
Ni les marches, ni les publications insidieuses sur les réseaux sociaux, ni les appels à remettre en cause notre démocratie chèrement acquise, ne permettront de venir à bout du terrorisme dans notre pays.
C’est pourquoi, je demande instamment à tous ceux qui s’organisent dans ce sens, notamment les partis politiques et les Organisations de la Société Civile, de surseoir aux marches et meetings projetés, afin de ne pas faire le lit de notre désunion, face à l’ennemi commun. Il nous faut faire preuve de retenue et ne pas engager des actions de nature à compromettre notre unité et notre avenir commun.
Nous devons poursuivre le dialogue politique pour continuer à affiner notre consensus politique sur toutes les questions d’intérêt national, en particulier celles qui sont relatives à la sécurité. Il est temps que nous fassions preuve de responsabilité, face à la fragilité de la situation.
Les acquis engrangés sur le terrain par les Forces de Défense et de Sécurité, avec l’apport conséquent des Volontaires pour la Défense de la Patrie, sont certains, et ont permis d’infliger aux groupes armés terroristes, des pertes significatives, les amenant à changer leurs tactiques pour s’en prendre lâchement aux populations civiles.


C’est pourquoi, en dépit des difficultés conjoncturelles que nous traversons, je tiens à saluer l’engagement et le professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité et la détermination des Volontaires pour la Défense de la Patrie qui, au péril de leur vie, se battent courageusement pour garantir notre sécurité collective.
Leur engagement nous vaut d’être toujours debout et de continuer à enregistrer des acquis inestimables sur le terrain du développement.
Je salue toutes les composantes de la Nation qui multiplient chaque jour des initiatives pour la paix et la sécurité dans notre pays.
Malgré un contexte sous-régional difficile, nous devons avoir foi en notre capacité à relever le défi de la lutte contre le terrorisme avec les autres pays en proie au même fléau.
L’occasion doit donc être saisie pour inviter individuellement et collectivement les Burkinabè, établis au Burkina Faso ou hors de nos frontières, à faire de la lutte contre le terrorisme une affaire de chacun et de tous.

Peuple du Burkina Faso
Chers Compatriotes
Au regard des enjeux liés à la situation sécuritaire d’ensemble, j’ai décidé, en ma qualité de Chef Suprême des armées, de prendre toutes les mesures idoines qu’exigent la circonstance pour :
rétablir la confiance, avec notre Peuple, dans le secteur de la sécurité ;
adapter notre stratégie aux nouvelles réalités du terrain, en revoyant la doctrine d’emploi des Volontaires pour la Défense de la Patrie, et en améliorant la rapidité d’intervention pour les opérations aériennes et terrestres menées par nos troupes ;
consolider l’efficacité, l’unité et la cohésion du commandement, dans le respect de la discipline militaire qui a toujours fait la force des armées ;
renforcer la collaboration entre les populations, les Forces de Défense et de Sécurité et les Volontaires pour la Défense de la Patrie pour une meilleure défense populaire de notre pays ;
maintenir un niveau de prise en charge des personnes déplacées internes, pour qu’elles puissent vivre dignement, en attendant leur retour dans leurs zones d’origine.
Enfin, tous les patriotes burkinabè doivent se donner la main dans l’union et la détermination, aux côtés de toutes nos forces combattantes, car la victoire est un impératif.
Le doute sur notre capacité à vaincre l’ennemi n’est pas permis.
Ensemble, unis et déterminés, nous y parviendrons !
Dieu bénisse le Burkina Faso !

Culture : Les San sont en fête du côté du SIAO

Affiche de la première édition du FESCUSAN

C’est parti pour la première édition du Festival de la culture san (FESCUSAN). Du 24 au 27 juin 2021, la cour du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou vibrera au rythme de cet événement qui ambitionne devenir la grand-messe de promotion et de valorisation de la culture san.

Depuis le jeudi 24 juin, le FESCUSAN bat son plein du côté du SIAO. La culture san y est représentée en miniature à travers des expositions ventes, la gastronomie et les prestations des troupes artistiques. « Nous avons un potentiel culturel énorme et nous voulons un cadre de promotion de toutes ces valeurs culturelles san », a indiqué le président du comité d’organisation, Urbain Toé.

Urbain Toé président du comité d’organisation

Présent au lancement du FESCUSAN, le représentant du ministre en charge de la culture, Moussa Konfé, s’est dit satisfait de la tenue de festival et des objectifs poursuivis. Il a exprimé sa gratitude à tous les sponsors qui ont cru aux organisateurs et accompagné l’initiative pour son baptême de feu. «Toute première fois est difficile mais je souhaite que vous puissiez la réussir », a-t-il indiqué aux organisateurs, qui rêvent d’étendre le festival à l’intérieur des régions san dans les jours à venir. Et cela ne saurait se faire sans l’implication des ressortissants de la communauté.

M. Moussa Konfé,  représentant du ministre en charge de la culture,

En rappel, les San communément appelé « Samo », sont un peuple que l’on retrouve généralement à l’ouest du Burkina Faso (Boucle du Mouhoun) et au sud-est du Mali. Ils sont réputés être de grands lutteurs. Ils ont pour parenté à plaisanterie les Mossi.

Dahma De TOURE

Marche de protestations contre l’insécurité dans la Province du Loroum

Marche de protestations contre l’insécurité dans la Province du Loroum : les manifestants saccagent le Haut commissariat de Titao.

La population de Titao, dans la province du Loroum a pris d’assaut ce 26 juin 2021, le Haut commissariat de la localité pour exprimer son ras le bol suite aux multiples attaques perpétrées par des groupes terroristes. Après plusieurs heures d’attente devant le Haut commissariat, sans voir le Haut commissaire,, les manifestants visiblement en colère et ne pouvant transmettre leurs préoccupations à qui de droit, ont fait irruption dans le bâtiment et procédé à des saccages, selon l’envoyé spécial de WAT FM /3TV.

L’avenir sécuritaire du Sahel tend à s’assombrir


Après l’arrêt des opérations d’engagement armé de la force barkhane au Mali, qui devrait se tourner maintenant vers l’opération takuba dont la mission est de renforcer (former) les armées des pays du Sahel, il s’avère, aux dernières nouvelles, que cette dernière initiative a aussi du plomb dans l’aile.

Plusieurs pays européens qui avaient donné leur accord pour participer à l’opération takuba, se désistent l’un après l’autre. Après la Belgique qui a annoncé le 19 mai 2021(ministre de la défense L. Dedonker) sa décision de ne plus envoyer de troupes au Sahel, le Danemark, après plusieurs autres pays européens, selon certains activistes (Nathalie Yamb), serait également revenu sur son intention de participer à la force takuba.
Autre préoccupation, et pas des moindres, l’aide financière devant permettre à la force takuba de se mettre en place et de commencer ses opérations serait de plus en plus difficile à trouver. De sources diplomatiques, le parlement européen qui réchignait déjà à maintenir le financement de l’Union Européenne de l’opération takuba serait devenue encore plus frileuse après la brusque décision française de mettre fin à l’opération barkhane. Cette décision va amplifier le scepticisme des députés européens et leur hésitation à concrétiser cette opération aux contours de plus en plus flous.


Au Sahel même, depuis l’annonce du président français de mettre fin à la forme actuelle de l’opération barkhane, on ne perçoit aucun mouvement de réaction des chefs d’Etats des pays les plus concernés par le terrorisme. Pourtant, l’annonce d’Emmanuel Macron comporte des forts risques d’aggravation de l’insécurité pour des pays déjà très lourdement meurtris par le terrorisme. En effet, les soldats français ne vont plus courir derrière les terroristes sur le terrain, ils ne vont plus que procéder à des formations des troupes du Mali, du Niger, du Burkina Faso, ou de la Mauritanie et du Tchad. D’ailleurs, cela nécessite un renouvellement total des cinq mille cent (5100) hommes de barkhane pour remplacer les fantassins et autres unités d’élites par des instructeurs, et ce renouvellement peut prendre beaucoup de temps, en tout cas suffisamment pour que les groupes armés terroristes reçoivent des renforts de Lybie et de Boko Haram pour lancer des offensives de grande envergure et très meurtrières comme le récent massacre de cent soixante personnes à Solhan, au nord du Burkina Faso, dans la nuit du 4 au 5 juin dernier.
On se serait attendu à un branle-bas de combat des autorités politiques et militaires des pays concernés, sous forme de rencontres ad hoc et de réajustement stratégique pour pallier au retrait français. La CEDEAO ou, pour le moins, le G5 Sahel devraient déjà être en activité autour de la nouvelle donne sécuritaire ouest africaine. Le silence régional annonce des lendemains très incertains pour la stabilité des pays sahéliens.